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Le Radeau de la Méduse : comprendre le tableau

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Pour comprendre le tableau, il faut le voir comme une représentation du tragique événement survenu le 2 juillet 1816, au large des côtes de la Mauritanie. Replaçons tout d’abord le contexte.
Nous sommes au début du XIXè siècle, Louis XVIII est alors roi de France. Sur le plan politique, le Sénégal vient d’être rendu à la France par les britanniques suite au Traité de Paris. Il fut alors décidé d’envoyer une flottille de quatres navires afin d’entériner cette restitution. Les quatre sont appelés La Loire, l’Argus, l’Echo et celui qui nous intéresse, La Méduse.

La flottille appareille le 17 juin 1816 de l’île d’Aix. A leurs bords, environ 1000 passagers, dont 400 dans La Méduse. Il est toutefois important de noter que son capitaine, Hugues Duroy de Chaumareys, n’a pas navigué depuis 20 ans… Peu après le départ, le capitaine décide d’accélérer le rythme de la navigation et laisse derrière lui les trois autres navires. Cependant, le navire se rapproche de plus en plus du Cap Blanc, connu pour ses bancs de sables redoutables. Mais il est trop tard pour faire demi-tour et La Méduse s’échoue au niveau des bancs d’Arguin, à 160 kilomètres des côtes mauritaniennes. Très rapidement, l’équipage fabrique des radeaux pour les 150 survivants.

Cependant, des émeutes ont rapidement éclatées au sein des survivants, opposant les officiers aux marins et aux soldats. Il faut comprendre que, depuis la Révolution Française, les officiers ont peur des rebelles. C’est ainsi qu’une lutte des classes éclate et les officiers n’hésitent pas à utiliser leurs armes contre les autres passagers du radeau. Au total, 100 personnes sont tuées. Le septième jour, il ne reste plus que 27 survivants, les autres victimes de leurs blessures, ou de cannibalisme de survie, qui s’est rapidement propagé sur le radeau. Au bout du treizième jour, les effectifs se réduisent et il ne reste plus que quinze survivants. C’est vers cette période là que le radeau fut repéré par l’Argus, permettant ainsi le sauvetage des survivants.

Mais quel est le lien entre Théodore Géricault et ce tragique évènement ?

Théodore Géricault, à son retour d’un voyage en Italie, en 1817, désire réaliser une oeuvre majeure pour booster sa carrière. Il finit par découvrir la tragique histoire de La Méduse, qui n’a finalement pas fait l’objet d’une médiation importante, compte tenu de la part de responsabilité de la monarchie restaurée dans cette catastrophe. Privilégiant la souffrance et l’agonie dans ses oeuvres , Théodore décide donc de s’emparer de cette affaire et achète une édition portant sur le naufrage de La Méduse. Il effectue un travail de recherche conséquent. En effet, il parcourt les différents témoignages et rencontre également les deux auteurs et survivants de l’ouvrage consacré à cet évènement. A partir des témoignages, il réalise par la suite une multitude de croquis et construit une maquette réaliste afin de s’appuyer sur elle. Il se rend également au bord de la mer pour l’observer et capturer des détails lorsque celle-ci est déchaînée. Pour ses personnages, il insiste à leur attribuer un teint blafard et cramoisi. Les yeux se veulent implorants ; la peur, la souffrance et la pitié y étant intenses. Tous ces détails répondent à une volonté de réalisme le plus total. Quant à la représentation de la mort dans sa forme la plus crue, Théodore n’hésite pas à demander à recevoir des vraies têtes coupées, des bras, des jambes et autres parties du corps. Ce désir macabre lui a permis d’illustrer la souffrance des personnages lors de cet évènement.

Concernant les mesures du tableau, elles sont assez impressionnantes : 4.9m x 7.2m. C’est donc un tableau de taille humaine, appelée une “grande machine” à l’époque, permettant ainsi d’installer un sentiment de grande proximité avec l’oeuvre.

Quant à la composition du tableau, il suit une ligne diagonale, caractéristique des tableaux de l’époque. Trois groupes se distinguent. Le premier en bas à gauche est composé de personnages mourants ou déjà morts avec une référence à la piéta (le père prenant son fils dans ses bras), et également la présence de Delacroix, reconnaissable grâce à sa tignasse. Le deuxième groupe, au milieu, est constitué de cinq personnages à genoux levant les mains vers le ciel, en essayant d’emporter avec eux les précédents personnages dans leur élan plein d’espoir. Enfin, le troisième groupe est formé de deux sous-groupe avec d’un côté les officiers et de l’autre les trois héros brandissant un drapeau dans l’espoir d’attirer l’attention de l’Argus que l’on aperçoit au loin.

Ce tableau magistral, qui a reçu de nombreuses critiques tant positives que négatives, a tout de même réussi à faire exploser sa carrière. Son succès a néanmoins débuté en Angleterre et non France, l’oeuvre ayant été jugée trop polémique. En effet, elle fait référence à un événement trop récent qui a divisé de nombreux acteurs de la monarchie restaurée. Le roi lui-même a déclaré à Géricault : “Monsieur, vous venez de faire un naufrage qui n’en est pas un pour vous.”.

Il est possible aujourd’hui de retrouver cette gigantesque peinture au musée du Louvre à Paris.

Cet article est lié à la conférence de l’Université permanente sur Le Radeau de La Méduse (Théodore Géricault, 1818-1919)
Sources :
Télégramme, Wikipédia, L’internaute.
Sources images :

http://rozsavolgyi.free.fr/cours/arts/conferences/Gericault%20-%20Le%20radeau%20de%20la%20Meduse/index.htm
http://catalogue.drouot.com/ref-drouot/lot-ventes-aux-encheres-drouot.jsp?id=1782685
https://fr.pinterest.com/explore/g%C3%A9ricault/

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