#Retour #maison #CULTURE Saveurs Jazz Festival (49) : interview de Roberta Roman Trio

Saveurs Jazz Festival (49) : interview de Roberta Roman Trio

À l’occasion du Saveurs Jazz Festival (49), j’ai fait la rencontre de trois artistes qui forment un trio féminin et qui mélangent leur culture respective pour revisiter le tango à travers des arrangements originaux. Elles proposent une mélodie intime au son de la guitare, du violoncelle et du bandonéon. Roberta Roman, la guitariste, vient d’Italie, elle est accompagnée de Marisa Mercadé au bandonéon, originaire d’Argentine, et de Sédef Erçetin, la violoncelliste, d’origine turque.

L.R. : Comment vous êtes-vous rencontrées ?

R.R. : Moi je suis italienne et Marisa vient d’Argentine, quand j’ai débarqué à Paris, j’ai tout de suite connu le bandonéon (instrument de musique à vent et à clavier), cette musique qui m’a toujours très touchée : le tango. Et le milieu argentin et le milieu italien se mélangent à Paris, il était donc facile de se rencontrer avec Marisa grâce à des amis en communs et nous avons tout de suite eu une étincelle dans notre rapport à la musique et surtout dans la relation humaine. Nous avons commencé à jouer ensemble et ensuite, nous avons connu Sédef parce qu’elle jouait avec un grand pianiste qui n’est plus là, Juan Carlos Cáceres. Une fois réunies, nous nous sommes dit qu’il fallait absolument que nous jouons ensemble, le tango, entre autres, et la musique contemporaine, aussi.

© Laëtitia Renier

L.R. : Que pensez-vous du système d’une scène payante et d’une scène en accès gratuit ?

M.M. : C’est sympa comme ça tout le monde peut avoir accès aux concerts.

S.E. : En fait, nous avons joué la semaine dernière à Wolfi Jazz (festival de jazz d’Alsace du réseau SPEDIDAM) et c’était le même système. Donc il y avait les concerts gratuits et le soir c’étaient des groupes un peu plus connus.

R.R. : Je trouve que c’est bien comme système parce que ça attire beaucoup de monde et après si les gens ont envie de rester, ils peuvent acheter un ticket pour les concerts du soir. Cela permet aussi de découvrir des groupes que nous ne connaissons pas, nous avons-nous-mêmes découvert des groupes et des chanteuses magnifiques. Nous ne pouvons pas connaître tout le monde, il peut aussi s’agir d’artistes qui se rendent dans des festivals qui ne sont pas dans les grosses villes. Souvent tout se passe à Paris, Lyon et moi je pense que l’idée des réseaux qui se développent dans des lieux un peu moins faciles d’accès donne beaucoup de dynamisme à la région. C’est important de développer ailleurs que dans les grandes villes, dans des lieux appropriés aux familles qui peuvent passer un bel après-midi à écouter de la musique. C’est très important la culture et c’est bien qu’elle arrive chez les gens.

L.R. : Pensez-vous que le jazz est un genre assez représenté en France ?

S.E. : Moi je pense que oui. En fait, il y a un vrai jazz français qui est différent du jazz américain. Les musiciens du jazz français ne jouent pas souvent aux États-Unis et dans les autres pays, c’est plutôt des musiciens du jazz américain qui jouent, très peu de français. C’est très difficile comme milieu. Par contre, il y a beaucoup de festivals pendant toute l’année et quelqu’un qui veut du jazz peut juste voyager en France et il a assez de festivals. Mais il manque de jazz-clubs, notamment à Paris, et ils sont assez chers pour les jeunes qui ne peuvent donc pas venir écouter.

M.M. : Il y a un très bon public en France, c’est pour ça qu’il y a beaucoup de jazzmen italiens, européens et américains qui viennent en France.

S.E. : Maintenant, quand nous disons « jazz », ce n’est pas uniquement du jazz. Il y a de tout, de la musique du monde, du tango, comme nous faisons, et de l’improvisation latine. Il n’y a pas de festival de jazz avec uniquement du vrai jazz, c’est varié. Il y a toutes sortes de musique.

L.R. : Il y a-t-il un artiste que vous affectionnez particulièrement en ce moment ?

S.E. : Là je sais ce que tu vas dire Roberta ! (Rires)

R.R. : Asaf Avidan. Moi, je suis guitariste, et voir cette personne, toute seule, arriver à toucher le cœur de 10 000 personnes sans l’électronique, à créer des émotions grâce à seulement la musique et à la voix, à voir cela sur scène, c’était extraordinaire. Cela nous a touché énormément. Nous l’avons vu à Wolfi Jazz. La musique qu’il donne est pure. Il nous a touché au cœur, c’était magnifique.

© Laëtitia Renier

 

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Propos recueillis par Laëtitia Renier.

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