#Retour #maison #CULTURE #MUSIQUE #CHANSONS [Portrait] Eddy de Pretto, le briseur de codes

[Portrait] Eddy de Pretto, le briseur de codes

Il sera en concert ce 24 octobre à Deville-Les-Rouen, le 27 à Lorient et le 9 novembre au Mans : style tranchant et convulsif, Eddy de Pretto brise les codes de l’hétéronormativité.

Il se passe quelque chose autour de ce chanteur. Depuis quand n’avait-on pas vu un artiste à la fois si jeune et si affirmé ? Le mot, le geste, le message, le charisme, tout y est. Bien sûr, certains restent de marbre devant son talent, mais celles et ceux qu’Eddy de Pretto arrivent à toucher le sont au cœur.

Comme on le dit aujourd’hui lorsqu’on parle d’une personne qui réussit dans son domaine, il est en train de percer. Percer sa bulle qui n’attendait qu’une chose : être éclatée au grand jour, en faisant le plus de bruit possible. Le jeune homme de 24 ans, né à Créteil, est l’auteur-compositeur-interprète devenu nouvelle révélation française grâce à son titre « Kid », de l’album Cure.
Perçu comme le nouveau génie des mots de la chanson française, son style et ses textes ont su séduire et toucher un public large et varié. Eddy de Pretto expose dans ses textes de nombreux problèmes de société tels que l’homophobie ou encore ce qu’il appelle la « virilité abusive ».

« J’avais tellement l’envie et l’acharnement de réussir. Au delà de vivre de ce que j’aime, je souhaitais transmettre mes messages, ce qui me questionne. J’y croyais dur comme fer. Je savais qu’un jour, ça allait marcher, car au jour le jour, il y a eu de nouvelles raisons d’y croire, des gens de plus en plus importants, du moins à mes yeux, s’intéressaient à mon projet. Au bout d’un moment, tu te dis qu’il va se passer un truc. » Eddy de Pretto nous parle de la force de ses textes, mais sans fausse modestie, comme le juste fruit d’un travail accompli. Il sait bien qu’il n’est encore personne, et que la route est encore longue pour espérer entrer un jour dans la mémoire collective, mais il est prêt à se battre par le biais des mots pour y parvenir. « J’adore la conquête, monter sur scène comme on monte sur un ring. Aller chercher les gens un par un et leur donner un uppercut en douceur. » Un ring. Un combat. Y aurait-il donc quelque chose à gagner ? Il semblerait que oui.

Dans une société où affirmer ce qu’on est, ses faiblesses comme ses forces, est susceptible de devenir très rapidement compliqué, Eddy de Pretto, lui, ose chanter, dénoncer, déclarer au grand jour ce que beaucoup n’osent pas. En cela, son titre « Kid » ne pouvait que susciter des regards impressionnés, admiratifs. Serait-il donc si simple d’affronter droit dans les yeux ceux qui vous bloquent la route, qui vous empêchent d’être qui vous êtes vraiment ? Bien sûr que non. C’est même la lutte qui rend la bataille encore plus belle.

« J’ai reçu beaucoup de messages des féministes lorsque « Kid » est sorti pour me remercier. Mais à la base, je voulais simplement raconter mon histoire avec mon père. Je ne me suis pas dis que j’allais faire le coup malin ou efficace en touchant les tendances de société. Je ne veux pas non plus m’enfermer dans un manifeste. J’ai pas envie d’être un porte-drapeau. Comme un chanteur de gauche à la fête de l’Huma. » Après cette réponse, on ose à peine lui demander comment ses parents vivent l’éclosion d’un fils devenu artiste, la tête haute et les mots comme arme pour dénoncer la société patriarcale dans laquelle nous évoluons. « On n’est pas trop dans la discussion avec mes parents. Je pense que ma mère écoute ce que je fais, mais pas qu’elle entende le sens. Cela doit être dur pour une mère d’entendre ça. »

C’est dur pour une mère, dur pour tous ceux qui refusent d’accepter un monde qui juge les différences et ose redéfinir le périmètre des possibles. C’est cela qu’Eddy de Pretto dénonce en montant sur scène : il domine, capte l’attention pour que ceux qui ne sont pas d’accord n’aient plus peur de le dire haut et fort, comme lui. Et ce qu’il dit est entendu, retenu. A-t-il conscience qu’ils sont rares, les artistes à détenir ce don ? Sans doute que non.

Luana Briand

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