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[J’ai 20 ans] Les joies du CROUS

À 20 ans, on est amené à vivre en appartement, seul, et lorsqu’on a pas trop le choix et qu’on a pas trop les moyens, on se retrouve en appartement CROUS. En soi, c’est génial, pas de charge pour la plupart, pas de taxe d’habitation, des loyers raisonnables et le droit aux aides au logement. Le logement presque parfait en somme. À quelques exceptions près.

Alors qu’un soir, prise de flemme (maladie très courante chez les étudiants), nous nous délections avec mes amis d’un délicieux kebab-frites tout en regardant un film, la réalité nous a rattrapés. Nous passions une bonne soirée jusqu’à ce que la malédiction CROUS frappe. En effet, au moment où nous lancions le film, une panne de courant a décidé de se déclencher. Je me suis alors dirigée dans le couloir pour voir si j’étais la seule concernée et j’ ai remarqué que le couloir était éclairé. Peu rassurant. Mais peu après, des résidents de l’étage inférieur sont venus me voir pour me demander si j’avais de l’électricité parce tous les appartements n’étaient pas touchés. Mais le mien si, évidemment. Après un appel de la centrale, nous avons eu comme information qu’un électricien allait se déplacer et qu’il serait là vers 23h. 5 heures plus tard, nous n’avions toujours aucune nouvelle. Commençant à m’impatienter, je suis descendue (dans le noir le plus total bien sûr, les escaliers n’étant pas éclairés) et je suis tombée nez à nez avec un gardien de nuit, qui s’était déplacé depuis la centrale. J’ai tout de suite vu rouge en pensant que ce gardien était sûrement l’électricien que nous avions attendu toute la soirée. Malheureusement, j’ai vite compris qu’il n’était pas l’homme de la situation lorsqu’il m’a annoncé sans sourciller qu’étant vendredi soir (enfin plutôt samedi matin mais ne chipotons pas), les techniciens ne se déplaceraient pas du weekend. Donc pas d’électricité avant lundi. Acceptant la fatalité de la situation, je suis remontée dans mon appartement toujours plongé dans le noir. J’ai réessayé à plusieurs reprises d’allumer les lumières sans succès. Tant pis, ce sera prise de douche à la bougie chauffe-plat, telle une pop star dans un clip dramatique.

Le jour d’après, j’ai appris que la cause de la panne était une ligne à haute tension qui avait décidé de nous lâcher. Paix à son âme. Nous étions vraiment tous très rassurés en apprenant cela. J’en aurais presque regretté mon 9 m² que j’avais les trois années d’avant. Mais oui, vous savez ces appartements où on ne peut presque pas circuler et où on ne peut pas être plus de trois, sinon il n’y a plus assez d’air. Ceux où la salle de bain de 1 m² fait vaguement songer à une capsule spatiale. Une capsule, certes, mais pleinement efficace : possibilité d’être aux toilettes, se laver les dents et prendre une douche et tout cela en même temps. J’ose dire qu’il ne fallait pas être trop large, sous peine de ne pas passer la porte et donc, de ne pas avoir accès au voyage spatiale vers la propreté. Ces apparts où tu en viens à penser que tu te gênes toi-même dans l’appartement et où il ne fait jamais froid (en même temps au cinquième étage dans 9 m², il suffit de prendre une douche chaude pour se retrouver dans un sauna). Aujourd’hui, j’ai, certes, un appartement plus grand, mais avec des lignes hautes tensions qui cèdent, des plaques de cuissons défaillantes, le verrou de la salle d’eau qui ne fonctionne pas et un voisin qui aime frapper dans les murs en rythme ou jeter son ballon dans le mur pour le faire rebondir. À tout cela s’ajoute le chauffage qui fonctionne par intermittence et à très basse intensité (ne pas espérer être chauffé le week-end), le mur qui laisse passer l’eau lorsqu’il pleut, provoquant des flaques dans l’appartement (dans une ville où il pleut sans interruptions pendant 4 mois c’est pas top), les ventilations qui me font parvenir le délicat parfum d’une cigarette dans ma cuisine le matin, alors que je suis non-fumeuse. Et pour finir, un wok semble s’être clandestinement ouvert dans mon étage sans qu’on ait été mis au courant au préalable, nous partageant les odeur quotidiennes de nourriture épicée. Ne parlons pas de l’accueil, qui estime qu’un verrou sur une salle d’eau non-fonctionnel ce “n’est pas très grave”, que le changement d’une ampoule ou d’un néon vaut respectivement 10 et 6€ ou que les SDF qui se réfugient dans la résidence pour fuir un minimum le froid doivent absolument être signalés à la police, car ce n’est pas leur place. Il est vrai qu’ils sont mieux dehors à mourir de froid.

Parfois je me dis que sans mon entourage, la musique qui nous unit et les soirées de bonheur que l’on passe ensemble, je serais déjà en stade avancé de dépression. Alors merci à ces petits soleil qui mettent de la chaleur dans mon quotidien et illuminent ma vie étudiante.

Update : pendant l’année en cours, j’ai pu revivre les joies des coupures générale d’électricité, pendant plusieurs nuits d’affilée, c’était vraiment génial de ne plus avoir de quoi garder ma nourriture au frais ou charger mon téléphone. En plus de ça j’ai appelé le Crous et ils m’ont dit que aucun service d’urgence n’était prévu pour ma résidence et qu’une inondation ou une coupure d’électricité ne représentent pas une raison valable pour le déplacement d’un professionnel sur les lieux ! Yes !

 

Maëva YGORRA

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