Fuck America, est une adaptation du roman d’Edgar Hilsenrath, mise en scène par Laurent Maindon en 2017.

Dans le roman d’Edgar Hilsenrath, il est question d’un « rêve » : si l’on en reste à la « surface des choses », au cliché,   le rêve américain est chargé de couleurs;  il peut prendre plusieurs formes et permet à n’importe quel individu qui vit aux USA,  la réussite, la liberté et l’égalité. Parfois, pourtant, le rêve américain se montre sous son vrai jour. Le rêve devient un trou noir : rejet, misère et exclusion le remplissent. C’est ce que raconte le romancier, c’est ce dont s’est emparé le metteur en scène…

La scène pensée en mode frontal, permet au spectateur de faire face à ce qu’il voit et entend. Il est à la fois face à lui et face aux interrogations multiples posées par le spectacle.

Le décor minimaliste traduit la volonté de refléter la misère et le taudis dans lequel le personnage vit. Le plateau est composé d’un mur blanc dans le fond de la scène où sont projetées diverses ambiances, qui créent des univers marqués. Un dispositif vidéo est mis en place pour passer d’une scène à une autre. Cela permet un dialogue entre l’écran, les mots du livre qui y sont projetés,  et les personnages. L’écran et les acteurs jouent alors avec ce dispositif.

Il y a aussi une fenêtre, à gauche du mur. Derrière cette fenêtre,  les comédiens jouent. C’est alors comme un cadre où les comédiens sont mis en valeur. Les costumes prennent également une place importante dans cette représentation. Les acteurs jouent avec, ils se changent sur scène, à vue comme on dit.

Le metteur en scène a fait le parti-pris d’une mise en scène réaliste. Il a choisi de parler de l’exil, de la migration, de la question de l’identité,  d’une manière nouvelle, à travers les personnages et la mise en place d’une riche scénographie.

C’est un spectacle marquant grâce à son récit fort, intense et rythmé.

Jeanne Dugas

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