L’Affaire Dreyfus est l’affaire qui va diviser la France et l’opinion publique durant une douzaine d’années. Le réalisateur Roman Polanski s’empare de l’affaire pour un nouveau film J’accuse avec en tête d’affiche, Jean Dujardin.

Il faut tout d’abord se replonger dans la France de la fin du XIXe siècle. En septembre 1894, à l’Ambassade d’Allemagne, une lettre déchirée est retrouvée. Elle est adressée à à l’attaché militaire allemand ; Max Von Schwartzkoppen. Cette lettre révèle des documents français tenus secrets. Une enquête est alors ouverte, le coupable idéal n’est autre qu’Alfred Dreyfus. De par son grade, il a accès à des documents importants et confidentiels, il est alsacien et parle donc allemand et enfin, il est de confession juive. À cette époque, la montée du nationalisme est importante, de par l’annexion de l’Alsace et la Lorraine par les Allemands en 1871. Dreyfus nie les faits mais l’armée fait la sourde oreille, Alfred Dreyfus est arrêté le 15 octobre 1894, il est incarcéré pour intelligence avec l’ennemi.

C’est à ce moment que la presse se saisit de l’affaire notamment les journaux antisémites qui en profitent pour multiplier les caricatures comme La Libre parole, journal antisémite de l’époque. Un conseil de guerre a lieu pour le procès de Dreyfus. Néanmoins, il n’y a aucune preuve de sa culpabilité. Un « dossier secret » est monté ; il renfermerait quatre preuves pour inculper Dreyfus. Ce dernier est donc condamné au bagne à perpétuité sur l’île du Diable, près de la Guyane. Devant pas moins de 20 000 spectateurs, il se voit retirer ses insignes, ses galons et son épée est brisée en deux. Même dépouillé, Dreyfus ne cesse de clamer son innocence.

Toutefois, son frère continue de le défendre, avec le soutien de Bernard Lazare, journaliste. Le lieutenant-colonel Georges Picquart se penche sérieusement sur l’affaire et l’analyse. C’est alors qu’il découvre le réel coupable, il s’agit du commandant Ferdinand Walsin Esterhazy. Un semblant de procès est organisé, une fois acquitté, il s’exile en Angleterre. En France, l’opinion publique est divisée, l’antisémitisme ne cesse de prendre de l’ampleur. On y trouve d’un côté les Dreyfusards avec Georges Clémenceau, Léon Blum, Anatole France mais aussi Émile Zola. Ce dernier se sert de sa renommée pour publier, le 13 janvier 1898 dans le journal L’Aurore une lettre ouverte au président de l’époque, Félix Faure. Habituellement tiré à 30 000 exemplaires quotidiens, ce jour-là, les tirages grimpent à 300 000 exemplaires. Le célèbre J’accuse… ! de Zola entraîne une révision du procès. Cependant, l’écrivain est condamné pour diffamation de l’armée.

En 1899, la révision du procès se déroule à Rennes mais Dreyfus est une nouvelle fois condamné de dix ans de prison et de dégradation militaire, sans aucune charge contre lui. Alfred Dreyfus accepte la grâce du président Émile Loubet. Il sort donc de prison en septembre 1899. Mais il faudra attendre 1906 pour le voir totalement réhabilité. Alfred Dreyfus participe au premier conflit mondial et meurt en 1935.

Léa Rifaud

Diffusion : vendredi 18 octobre à 20h45 au Théâtre et dimanche 20 octobre à 19h15 au Manège

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