Les Baronnes (originalement, The Kitchen), sorti le 21 août 2019 en France, est une adaptation du comic DC Vertigo du même nom. Andrea Berloff, la scénariste de World Trade Center (Oliver Stone), livre un thriller new yorkais qui surfe entre féminisme et criminalité.

Dans le quartier d’Hell’s Kitchen, dans les années 70, il y a deux sortes de mafieux : ceux qui ne se font pas prendre, et ceux qui se font attraper par le FBI. Alors lorsque les maris de trois femmes appartiennent à la dernière catégorie, il leur appartient de se prendre en main – et de prendre en main le quartier, par la même occasion. Andrea Berloff, à travers Les Baronnes, compose un New York fait d’argent et de revolver, ou l’intérêt personnel se cache dans l’intérêt commun.

Kathy (Melissa McCarthy), Ruby (Tiffany Haddish) et Claire (Elisabeth Moss) forment un trio de tête puissant et explosif, et si leurs caractères mettent du temps à se mettre en place – au moins 30 minutes sur un film qui en fait 103 -, une fois que c’est fait, les actrices posent un jeu convaincant, et un peu flippant aussi. Oui, on se rappellera longtemps la scène où Gabriel (Domhnall Gleeson) explique de long, en large et en travers à Claire, femme battue, comment démembrer un corps et où le jeter précisément dans l’Hudson.

Si le film a parfois un accent des Veuves de Steve McQueen, sorti en 2018, avec des femmes de bandits à la recherche d’argent ; il tire sa singularité dans un scénario complexe, parfois un peu trop, auquel se mêle un humour noir et cinglant, et une bande-son exceptionnelle. Comment rester de marbre lorsque le film s’ouvre sur une vue aérienne de New York, belle et étincelante New York, avec derrière Etta James, nous transportant avec sa reprise de It’s a Man’s Man’s Man’s World ? C’est compliqué.

Mathilde Rozec

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