Samuel Achache nous plonge avec Songs dans une atmosphère mélancolique, à la rencontre de deux univers différents, mêlant théâtre et musique baroque.

Il ne fait pas encore sombre dans la salle, quand une jeune femme en robe de mariée apparaît devant la scène. Ses doutes et ses angoisses la submergent, elle décide de ne pas se rendre à son mariage. Nous basculons alors dans les méandres de ses souvenirs où se crée un monde parallèle entre imaginaire et nostalgie. Les souvenirs de Sylvia sont rythmés par la puissante voix de la chanteuse Lucile Richardot qui structure le récit dans une ambiance fantastique accompagnée par sept chanteurs, devenant aussi acteurs. Débute alors un long cheminement, marqué par une scénographie très forte.
Songs (passé au Grand R en décembre dernier) c’est donc aussi un décor impressionnant, qui peu à peu prend vie. La scène est d’abord recouverte de drap avant que Sylvia ne s’y engouffre et que nous plongions dans ses souvenirs mélancoliques, dévoilant un décor recouvert de terre au sol et de cire au mur. La cire qui cache, enfouit et recouvre les souvenirs. Ce monde intérieur désordonné, devient un refuge où Sylvia cherche son cœur, elle frappe avec puissance des plaques de cire pour chercher son cœur en vain. Scène d’une puissance impressionnante.
C’est un spectacle qui mêle avec finesse émotion et humour permis par l’énergie des comédiennes qui se développe sur scène, formant alors un riche contraste. Songs explore un espace imaginaire et intérieur très intéressant, c’est aussi un spectacle d’une beauté impressionnante qui nous saisit par sa sensibilité.

 

Jeanne Dugas

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